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08/10/26

A la recherche de leviers d’action

EN 2025, AMARIS A FORMULÉ 13 PROPOSITIONS. 

Entre 2022 et 2025, AMARIS a conduit un important travail d’écoute des retours d’expérience des collectivités territoriales et d’analyse des conséquences des pollutions industrielles sur leurs territoires, leurs populations et leurs capacités d’action.

Ce travail a mis en évidence les nombreuses difficultés rencontrées par les élus locaux pour prendre en compte les impacts des pollutions sur la santé et l’environnement et répondre aux interrogations des citoyens : déficit de connaissances et d’expertise mobilisables, manque de moyens financiers, limites du principe « pollueur-payeur », fortes inégalités territoriales. 

Si les collectivités disposent souvent de moyens limités pour agir, certaines parviennent néanmoins à développer des réponses et des démarches innovantes. Ces expériences constituent autant de ressources pour identifier ce qui fonctionne et pour faire évoluer le cadre d’action national. C’est sur la base de ces constats qu’AMARIS a formulé, en 2025, 13 recommandations pour réduire les conséquences des pollutions industrielles. 

Un an après la publication du rapport, face à l’absence de suites institutionnelles, AMARIS veut désormais porter ces recommandations dans le débat public et interpeller les décideurs.

2026-2027 : UN CYCLE D’AUDITIONS

Pour prolonger ce travail, AMARIS organise, au cours des prochains mois, un cycle d’auditions auprès d’une diversité d’acteurs : responsables politiques, représentants des ministères et agences de l’État, acteurs économiques et industriels, associations et représentants des territoires, etc.

Ces auditions seront pilotées par les administrateurs d’AMARIS. Elles permettront de confronter les propositions de l’association aux expertises et aux expériences des différents acteurs, mais aussi d’identifier les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.

L’objectif de ce cycle n’est pas de produire un nouveau rapport, mais de faire émerger des solutions concrètes et d’identifier les leviers permettant de passer à l’action.

LES SUJETS MIS EN DÉBAT

L’association propose d’articuler les échanges en partant des points suivants : 
> un constat : aujourd’hui, faute de connaissances suffisantes et directement mobilisables, il reste difficile d’identifier les pistes d’amélioration et de déterminer les actions les plus efficaces. 
> une question centrale : comment réduire les impacts sanitaires des pollutions industrielles ?
> trois axes : application du principe pollueur-payeur, réglementation et pilotage/gouvernance

Parmi les propositions formulées en 2025, trois priorités seront mises en débat.

1. La création d’un fonds « pollutions – santé – environnement »
AMARIS propose la création d’un fonds national dédié aux pollutions, à la santé et à l’environnement, destiné à financer les études, les dispositifs de surveillance ainsi que certaines actions curatives. L’objectif est de renforcer la capacité à agir face aux pollutions industrielles et de donner une traduction concrète au principe de responsabilité des pollueurs.

2. La mise en place d’une instance nationale sur les risques chroniques industriels
AMARIS propose également la création d’une instance nationale consacrée aux risques chroniques industriels, réunissant autour d’une même table l’État, les collectivités, les industriels, les chercheurs, les professionnels de santé, les associations et les habitants.
Cette instance aurait vocation à favoriser le dialogue entre les acteurs, à partager les connaissances et à mieux prendre en compte les réalités vécues dans les territoires industriels.

3. Le renforcement de la surveillance dans les territoires industriels
Enfin, AMARIS propose de renforcer la surveillance sanitaire et environnementale des territoires industriels, en l’adaptant aux réalités locales. Cette connaissance doit permettre aux collectivités et aux pouvoirs publics de mieux cibler leurs actions de prévention, de protection et de réduction des risques.


10/03/26

Délégation AMARIS du réseau d’élus PFAS

Il y a 4 ans, les Français découvraient les premières contaminations massives aux PFAS. Depuis, les communes se heurtent à des difficultés multiples, faute de moyens financiers et techniques pour faire face :

>> A ce jour, il n’existe toujours pas de stratégie nationale partagée par l’État avec les collectivités. 
>> les connaissances sur ces substances présentes dans tous les milieux (eau-air-sols) et leurs effets sur la santé restent très limitées et parcellaires ;
>> Il n’existe aucun suivi épidémiologique. 
>> Le principe du pollueur payeur reste inapplicable contraignant durablement les finances locales.

Dans ce contexte, les élus alertent

  • Les collectivités ne disposent pas toutes des mêmes moyens d’action. En l’absence d’un soutien suffisant de l’État, ces disparités contribuent à accentuer les inégalités territoriales.
  • Le sujet va bien au-delà de la question de l’eau potable et concerne les sols, la gestion des déchets, la qualité de l’air, etc.
  • Les pollutions historiques et la dette environnementale ne sont pas prises en compte par les évolutions réglementaires.
  • Les pollutions aux PFAS soulèvent un véritable enjeu démocratique : en l’absence de connaissances, les collectivités ne peuvent pas répondre aux questions des habitants.

Depuis 4 ans, de nombreux élus se sont mobilisés individuellement auprès des services de l’État mais ils n’ont obtenu que des réponses partielles et très localisées à leurs problématiques. En décembre 2025, une tribune collective portée par l’association AMARIS interpellait à son tour les pouvoirs publics sur la gravité de la situation.

Aujourd’hui, à moins d’une semaine des élections municipales, les élus, réunis par l’association AMARIS, se sont une fois encore mobilisés, pressés par l’urgence d’être enfin entendus et accompagnés de façon collective.

Ils ont demandé lors de cet entretien 

  • La création d’une instance nationale réunissant État, collectivités, industriels et associations, pour définir un cadre de travail commun, une stratégie, une feuille de route
  • La mise en place d’une solution collective qui concerne toutes les collectivités locales, quelle que soit leur taille et le type de difficultés rencontrées
  • L’exonération de la redevance sur l’eau potable pour les habitants qui n’y ont plus accès.
  • La création de mécanismes de financement pour que les collectivités puissent agir.

 

La délégation

  • Métropole de Lyon
  • Communauté de communes Rumilly Terre de Savoie
  • Commune de Malandry
  • Commune de la Ferté-sur-Chiers
  • Commune de Chasse-sur-Rhône
  • Commune d’Oullins-Pierre-Bénite
  • Lunel Agglomération

 


16/12/25

« Face aux PFAS, nous n’y arriverons pas seuls. »

Chaque jour, de nouveaux territoires contaminés par les PFAS révèlent l’ampleur d’une crise sanitaire et environnementale que nous ne pouvons plus ignorer. Ces polluants éternels sont omniprésents : dans l’eau, les sols, l’air, jusque dans nos propres organismes. Leurs effets sur la santé sont désormais avérés. Face à cette contamination, des habitants sont contraints de renoncer à l’eau des puits, aux produits de leur jardin, tandis que des traitements lourds et coûteux sont nécessaires pour continuer à boire une eau potable. Et, trop souvent encore, le manque de données empêche d’identifier l’origine de la pollution. Même lorsqu’elle est connue, le principe du pollueur-payeur demeure, dans les faits, inappliqué et s’inverse en situations de pollué-payeur.

Des décennies de rejets industriels ont entraîné une contamination durable de l’environnement, de la chaîne alimentaire et des populations. Malgré la compétence exclusive de l’État en matière d’installations classées et l’existence d’un plan d’action interministériel, les collectivités se retrouvent seules face aux conséquences de ces pollutions. Les communes et les territoires ruraux en payent le prix fort. Aucun dispositif national de soutien n’a été prévu. Aucun suivi épidémiologique spécifique, aucune instance nationale de travail associant l’ensemble des acteurs n’a été créée.

Nous, élus, maires et présidents d’intercommunalités, nous ne pouvons nous résoudre à abandonner nos concitoyens ni à laisser perdurer une situation mettant en lumière des dysfonctionnements majeurs :
>> Sanitaire : l’exposition chronique aux PFAS présente un risque avéré pour la santé humaine.
>> Démocratique : l’insuffisance de données fiabilisées et partagées avec les services de l’Etat ne nous permet pas d’informer la population et d’assurer sa protection.
>> De justice : les pollués paient à la place des pollueurs et nous refusons de faire porter cette charge sur le contribuable ou l’usager des services publics de l’eau.
>> D’inégalité territoriale : toutes les collectivités ne disposent pas des moyens pour agir.

Nous alertons sur notre incapacité à faire face seuls et appelons à la création d’une commission d’enquête parlementaire afin d’évaluer la situation et les difficultés qu’elle fait peser sur les collectivités. En attendant ces travaux, nous demandons des actions immédiates.

Le principe pollueur-payeur n’est pas appliqué. Il est urgent d’instaurer sans délai des mesures pour assurer le soutien financier des collectivités confrontées à des restrictions d’accès à l’eau potable, et la prise en charge intégrale de la dépollution des eaux souterraines et des sols.

Parce que savoir est un droit mais aussi une nécessité, nous appelons au déploiement d’études scientifiques, permettant une connaissance territoriale des impacts sanitaires et environnementaux et à la mise en place d’outils adaptés de surveillance de la qualité de l’eau, de l’air, des sols et de la santé.

La santé publique est en jeu : les PFAS concernent chacun d’entre nous, maintenant et pour l’avenir. Il est urgent d’apporter une réponse collective et cohérente aux causes et conséquences de cette pollution majeure.

SIGNATAIRES  

> Alban Bruneau, président de l’association AMARIS 
> Bruno Bernard, président de la MÉTROPOLE DE LYON
> Christophe Bouvier, maire de CHASSE-SUR-RHÔNE
> Pia Imbs, présidente et Thierry Schaal, vice-président en charge de l’eau et de l’assainissement de l’EUROMETROPOLE DE STRASBOURG
>
Jeanne Barseghian, maire de STRASBOURG
> Isabelle Trendel, maire de VILLAGE NEUF
> Jérôme Moroge, maire d’OULLINS PIERRE BÉNITE
> Annick Dufils, maire de MALANDRY
> Joël Bigot, maire de PETIT COURONNE
> François Ravoire, président de RUMILLY TERRE DE SAVOIE
> Céline de Laurens, adjointe au maire de la ville de LYON
> Christine Juste, Adjointe au Maire de MARSEILLE
> Nicolas Mayer-Rossignol, président de la MÉTROPOLE DE ROUEN et maire de ROUEN
> Charlotte Goujon, maire de PETIT-QUEVILLY et vice-présidente de la MÉTROPOLE DE ROUEN
> Christophe Lime, vice-président du GRAND BESANCON MÉTROPOLE et président de FRANCE EAU PUBLIQUE
> Véronique Dechamps, maire de LA MULATIÈRE
> Guy Barral, maire de SOLAIZE
> Mohamed Boudjellaba, maire de GIVORS
> Thierry Kovacs, président de VIENNE CONDRIEU AGGLO
> Jérôme Boisson, président de LUNEL AGGLO
> Blandine Freyer, maire de IRIGNY   
> Damien Combet, maire de CHAPONOST 
> Jean-Michel Daubigney, maire de TAVAUX
> Gérard Weyn, maire de VILLERS-SAINT-PAUL
> Véronique Sarselli, maire de SAINTE-FOY-LÈS-LYON
> Olivier Araujo, maire de CHARLY
> Denis Peillot, maire d’ESTRABLIN
> Alain Clerc, maire de SEPTEME et président du Syndicat intercommunal des eaux de Septème
> Hubert Girard, maire de MEYSSIEZ
> Marylène Millet, maire de SAINT-GENIS-LAVAL
> Philippe Marion, maire de CONDRIEU 
> Luc Thomas,  maire de SAINT-ROMAIN-EN-GAL
> Marc Deleigue, maire de SAINTE-COLOMBE
> Pierre Ballesio, maire de SAINT-SYMPHORIEN-D’OZON
> Edith Ruchon, maire de REVENTIN-VAUGRIS
>
Eric Piolle, maire de GRENOBLE
>
Christian Janin, maire d’EYZIN-PINET
>
Arnaud Deslandes, maire de LILLE
>
Gilles Vial, maire de SALAISE-SUR-SANNE
>
Marc Mamet, maire de FEYZIN
>
Francois Dumon, président de la communauté de communes VIERZON-SOLOGNE-BERRY

 

Vous êtes élu(e) d’une collectivité concernée par les pollutions aux PFAS et souhaitez vous associer à ce collectif ?

Contactez l’association AMARIS pour rejoindre l’initiative et participer à l’action collective.

contact@amaris-villes.org
0179353597

 


05/12/25

Rapport – Impacts des pollutions industrielles

 

Télécharger le rapport

 

Télécharger la synthèse

 

 

 

 

 

 

Le programme Collectivités et pollutions industrielles / 2022-2024

Initié en 2022, le programme Collectivités et pollutions industrielles a permis à AMARIS de recueillir les témoignages et les expériences d’une trentaine de collectivités concernées par des pollutions liées à des ICPE industrielles (existantes ou passées). 

Partenaires
>> Pilote : AMARIS
>> Collectivités : Métropole de Lyon, le Havre Seine Métropole et Ville de Montreuil
>> Experts : Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP), Ecole nationale des travaux publics de l’état (ENTPE), cabinet d’avocat Soraya Benabdessadok

Les thèmes abordés : eau, air, sols, santé-environnement, réhabilitation des friches industriels, projets liés à la réindustrialisation

Les collectivités ayant participé aux échanges : Bassens, Caux Seine Agglo, Chasse-sur-Rhône, communauté d’agglomération de la Rochelle, communauté d’agglomération de Saint-Nazaire, communauté d’agglomération du Centre de la Martinique, communauté d’agglomération du Grand Annecy, communauté de communes Pays du Mont-Blanc, communauté de communes Rumilly Terre de Savoie, communauté urbaine d’Arras, communauté urbaine de Dunkerque, communauté urbaine du Havre, Compans, Feyzin, Gardanne, Gonfreville-l’Orcher, Ivry-sur-Seine, La Rochelle, Le Lamentin, Lille, Martigues, Métropole Aix-Marseille-Provence, Métropole de Lyon, Métropole de Rouen, Mitry-Mory, Montreuil, Narbonne, Petit-Couronne, Romainville, Saint-Chamas, Salaise-sur-Sanne, Solaize, Eurométropole de Strasbourg

 


05/12/25

Rapport Impacts des pollutions industrielles

 

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Le programme Collectivités et pollutions industrielles / 2022-2024

Initié en 2022, le programme Collectivités et pollutions industrielles a permis à AMARIS de recueillir les témoignages et les expériences d’une trentaine de collectivités concernées par des pollutions liées à des ICPE industrielles (existantes ou passées). 

Partenaires
>> Pilote : AMARIS
>> Collectivités : Métropole de Lyon, le Havre Seine Métropole et Ville de Montreuil
>> Experts : Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP), Ecole nationale des travaux publics de l’état (ENTPE), cabinet d’avocat Soraya Benabdessadok

Les thèmes abordés : eau, air, sols, santé-environnement, réhabilitation des friches industriels, projets liés à la réindustrialisation

Les collectivités ayant participé aux échanges : Bassens, Caux Seine Agglo, Chasse-sur-Rhône, communauté d’agglomération de la Rochelle, communauté d’agglomération de Saint-Nazaire, communauté d’agglomération du Centre de la Martinique, communauté d’agglomération du Grand Annecy, communauté de communes Pays du Mont-Blanc, communauté de communes Rumilly Terre de Savoie, communauté urbaine d’Arras, communauté urbaine de Dunkerque, communauté urbaine du Havre, Compans, Feyzin, Gardanne, Gonfreville-l’Orcher, Ivry-sur-Seine, La Rochelle, Le Lamentin, Lille, Martigues, Métropole Aix-Marseille-Provence, Métropole de Lyon, Métropole de Rouen, Mitry-Mory, Montreuil, Narbonne, Petit-Couronne, Romainville, Saint-Chamas, Salaise-sur-Sanne, Solaize, Eurométropole de Strasbourg

 


05/12/25

Santé et bassins industriels

Cette publication, très attendue par l’ensemble des acteurs concernés, est d’autant plus importante qu’elle permet d’objectiver des constats jusque-là relégués au rang d’épiphénomènes dans les territoires exposés à des pollutions industrielles chroniques et de corroborer les remontées de terrain portées par les collectivités.

Accéder au site de Santé publique France et à l’étude

Principaux enseignements

Malgré des limites liées à la mauvaise qualité des données environnementales disponibles, cette étude met en évidence plusieurs enseignements majeurs :
>> Les bassins industriels ont bien un impact sur la santé, notamment sur la santé respiratoire des enfants.
>> De manière générale, les populations résidant à proximité de sites industriels (ICPE et IED) sont exposées à un risque accru pour leur santé.

La suite – Mieux connaître l’exposition des populations est une priorité.

Pour cela, il est indispensable de disposer de données fiables et de qualité. C’est pourquoi l’association appelle à la mise en place de suivis environnementaux adaptés aux spécificités des territoires industriels.

L’association préconise également de soutenir les initiatives locales qui vont dans ce sens : @observatoire local de la santé de Dunkerque, Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions, Institut Ecocitoyen Pays du Mont-Blanc, Institut écocitoyen en santé environnementale de l’Aude, services dédiés des collectivités, etc.


03/10/25

Définir la vulnérabilité en tenant compte des expositions : 
EVALVIE

 

Se doter d'outils et de méthodologies adaptés

Lorsque les collectivités engagent des démarches, elles cherchent rapidement à décliner les compétences qu’elles acquièrent. En effet, un problème en soulève souvent un autre. Dès lors, elles ont eu besoin de construire des outils et des méthodologies qui leur permettent d’identifier plus rapidement les problèmes, voire même de les anticiper, et d’y répondre plus efficacement. 

Pour les collectivités, la première barrière pour appréhender l’état sanitaire et environnemental de leur territoire réside dans l’éparpillement des données et leur manque de précision. L’accumulation de données ne suffit pas. Pour qu’elles soient utiles, il faut être en capacité de les interpréter et de les traduire, au regard des questions que se pose un territoire. C'est sur cette base que les collectivités sont en mesure ensuite de prendre des décisions éclairées.

COLLECTIVITÉ
métropole d’Aix-Marseille-Provence

RÉSUMÉ DE L’EXPÉRIENCE
La zone industrialo-portuaire de l’étang de Berre est souvent citée en exemple pour le nombre d’études scientifiques réalisées sur les pollutions industrielles. Mais comment une collectivité peut-elle s’en saisir pour intégrer les risques dans ses projets ? De 2021 à 2024, le projet de recherche EVALVIE a consisté à mesurer la vulnérabilité du territoire en tenant compte des pollutions et des risques pour l’environnement et la santé, dans la perspective de construire un indicateur de suivi.

EN SAVOIR PLUS
Télécharger la fiche ici

 

 


02/10/25

Restaurer le dialogue 
et la confiance : 
le tiers de confiance

Construire un dialogue élargi

Les pollutions étant un vaste champ de méconnaissance, il est indispensable de définir collectivement les questions sur lesquelles il est nécessaire de progresser. Mais les instances existantes au niveau national et au niveau local n’offrent pas toujours un dialogue suffisant, notamment avec les riverains, sur les pollutions industrielles touchant tous les milieux. Des dispositifs dédiés, dont certains animés par les SPPPI, existent mais ils sont rares. Ce sujet est marqué par une culture du travail en silo et un fort cloisonnement. 

Qu’il s’agisse de l’Institut Écocitoyen pour la Connaissance des Pollutions, du service dédié aux risques sanitaires de Lille ou de l’Observatoire local de la santé de Dunkerque, les démarches engagées ont en commun leur capacité à initier des échanges, même en situation de conflit, et à créer une ouverture sur les questions des habitants et sur les apports du monde de la science. Elles mobilisent l’expertise nécessaire pour travailler sur les sollicitations des habitants et les questions locales. La participation des citoyens dans les processus de recherche permet de renouer la confiance et d’apaiser les tensions. Ces démarches démontrent la nécessité de créer un chaînon - actuellement manquant - entre les expertises et les acteurs.

COLLECTIVITÉ
Ville de Montreuil

RÉSUMÉ DE L’EXPÉRIENCE
Faisant le constat qu’à Montreuil, l’héritage industriel est très prégnant dans les sols de la ville, que la population est mobilisée et que le respect de la réglementation par les aménageurs ne garantit pas l’absence de risque pour le voisinage, la ville a défini une méthodologie qu’elle déploie lors des projets urbains de réhabilitation des friches. Elle a été conçue sur le terrain et dans le cadre d’un conflit ayant nécessité l’intervention d’un tiers de confiance.

EN SAVOIR PLUS
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02/10/25

Collaborer pour comprendre : 
les ateliers citoyens PFAS

 

Construire un dialogue élargi

Les pollutions étant un vaste champ de méconnaissance, il est indispensable de définir collectivement les questions sur lesquelles il est nécessaire de progresser. Mais les instances existantes au niveau national et au niveau local n’offrent pas toujours un dialogue suffisant, notamment avec les riverains, sur les pollutions industrielles touchant tous les milieux. Des dispositifs dédiés, dont certains animés par les SPPPI, existent mais ils sont rares. Ce sujet est marqué par une culture du travail en silo et un fort cloisonnement. 

Qu’il s’agisse de l’Institut Écocitoyen pour la Connaissance des Pollutions, du service dédié aux risques sanitaires de Lille ou de l’Observatoire local de la santé de Dunkerque, les démarches engagées ont en commun leur capacité à initier des échanges, même en situation de conflit, et à créer une ouverture sur les questions des habitants et sur les apports du monde de la science. Elles mobilisent l’expertise nécessaire pour travailler sur les sollicitations des habitants et les questions locales. La participation des citoyens dans les processus de recherche permet de renouer la confiance et d’apaiser les tensions. Ces démarches démontrent la nécessité de créer un chaînon - actuellement manquant - entre les expertises et les acteurs.

COLLECTIVITÉ
Métropole de Lyon

RÉSUMÉ DE L’EXPÉRIENCE
La complexité du sujet PFAS impose un travail partenarial. Partant de ce constat, l’étude de bio-imprégnation initiée en 2023 par la métropole de Lyon a été articulée autour d’une démarche collaborative et participative afin d’intégrer les habitants, partie prenante trop souvent exclue.

EN SAVOIR PLUS
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01/10/25

« Pollution atmosphérique : les moyens réglementaires ne sont pas adaptés »

Parole d’expert / Chimie

Journée de lancement du programme Collectivités et Pollutions industrielles, 22/01/2022, Lyon.

 

RÉSUMÉ 

>> L’encadrement réglementaire de la surveillance de la qualité de l’air n’est pas adapté pour rendre compte des spécificités des territoires.

>> Les mesures de surveillance de la qualité de l’air doivent être
territorialisées.

>> Il est nécessaire d’améliorer la mesure de la qualité atmosphérique
pour l’adapter aussi aux besoins des décideurs.

>> Les pistes d’actions : coupler la mesure de la toxicité des polluants
à une meilleure connaissance des sources pour agir efficacement. 

 

POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE : ADAPTER LES DISPOSITIFS DE SURVEILLANCE POUR LES RENDRE PLUS PERTINENTS

Déconnexion du cadre national avec les spécificités des territoires

LA RIGIDITÉ DU CADRE NATIONAL

Le dispositif de surveillance de la qualité de l’air est défini par la loi LAURE (Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie) adoptée en 1996. La surveillance de la pollution atmosphérique est déléguée aux AASQA (associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air), présentes dans chaque région. Cette activité de surveillance est encadrée par un agrément délivré par l’État, qui assure que les méthodes sont mises en œuvre de la façon la plus rigoureuse possible. Cet encadrement a un revers : il laisse peu de place à la prise en compte des contextes locaux.

L’outil de base de ces associations sont les stations de mesure. Elles abritent des capteurs qui suivent certains paramètres réglementaires. Ces outils sont peu adaptés à la réalité du terrain, ou de façon marginale (le nombre d’espèces suivies reste très faible). Pour compléter l’information donnée par ces stations, réparties ponctuellement sur un territoire, on utilise l’outil informatique qui, par modélisation, permet de calculer les concentrations en polluants sur un espace situé entre 2 stations.

LE CHOIX TRÈS LIMITÉ DES COMPOSÉS MESURÉS

La réglementation impose le suivi de la concentration de certains composés parce que :
> Les outils existent pour les mesurer en continu : 24h/24, 7j/7, avec une résolution temporelle de l’ordre du 1/4 d’heure.
> Ces composés sont censés représenter la contribution de certains secteurs d’activité à la pollution atmosphérique. Ce sont des traceurs qualitatifs, et non des indicateurs de toxicité.

Ainsi les oxydes d’azote (NOx), même s’ils ont un effet sur l’organisme, ne comptent pas parmi les polluants les plus dangereux pour la santé. Les NOx sont, par exemple, représentatifs du trafic routier, car la circulation en est la source principale. En mesurant les NO x, on peut théoriquement avoir une idée de l’importance de la pollution automobile. Le dioxyde de soufre (SO 2) donne, lui, une idée de l’importance de la pollution industrielle sur une zone. On pourrait ainsi associer au SO 2 tout le cortège des polluants émis par les activités industrielles. Mais chaque territoire étant différent, ce type d’opération n’est pas possible. Enfin, l’ozone n’est pas émis directement par une source. On parle de polluant secondaire. Bien qu’il ne soit pas l’oxydant le plus fort dans l’atmosphère, il est considéré comme étant représentatif de sa capacité oxydante, c’est à dire la capacité de l’atmosphère à réagir et à transformer d’autres molécules.

UNE VISION TRÈS PARTIELLE

Un très faible nombre de composés sont mesurés pour évaluer leur toxicité. On a donc une vision très partielle du problème. Par exemple, au sein de la très grande famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), un seul congénère est mesuré le benzo-apyrène (BaP). Donc même quand on s’intéresse à des composés toxiques, on ne mesure qu’un seul élément de toute une catégorie de molécules. Cela nous ramène à notre propos initial : finalement, la mesure réglementaire ne se fonde que sur des traceurs, c’est-à-dire des espèces représentatives d’une activité ou d’une famille de polluants. La réalité est qu’on ne sait pas exactement ce que ces pollutions induisent sur la santé.

Ces traceurs ne sont pas suffisants pour donner une information sur la toxicité de l’atmosphère. On mesure des concentrations de quelques molécules, sans pouvoir les traduire en impact sur la santé ou sur l’environnement.

Les valeurs limites réglementaires sont malgré tout assez nombreuses et complétées par des objectifs de qualité, des seuils intermédiaires… Mais elles sont le résultat de compromis sur les niveaux qui peuvent être raisonnablement atteints dans l’atmosphère, sans être certain d’écarter les risques pour la santé.

Adapter la mesure atmosphérique pour la rendre utile

1RE PISTE D’ACTION : S’INTÉRESSER A LA TOXICITÉ DES POLLUANTS

Sachant que, d’une part, nous n’arrivons pas à multiplier les composés analysés pour cause de moyens techniques et, d’autre part, que nous ne connaissons pas exactement leurs effets sur la santé, il y aurait une façon plus simple de procéder : mesurer directement la toxicité de la pollution atmosphérique. Pour cela, des tests sont en cours de développement dans les laboratoires pour mesurer le « stress oxydatif », au lieu de mesurer l’ozone, qui n’est qu’un indicateur qualitatif de la capacité oxydante de l’air. L’objectif ne serait plus de mesurer la concentration d’une molécule (exprimée par exemple en g/m³) mais d’étudier directement une conséquence pour la santé.

Le stress oxydatif est une première étape vers la mesure de la toxicité, et il est pertinent pour un certain nombre de composés. Il n’est cependant pas la solution miracle car ce n’est qu’un paramètre toxicologique parmi d’autres. Par exemple, un hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP) n’induit aucun stress oxydatif, ce qui ne l’empêche pas de provoquer des maladies.

Les premiers développements pour la mesure du stress oxydatif en ligne (dans les conditions de la surveillance continue de la qualité de l’air) sont en cours dans le cadre de travaux de recherche, qui visent à évoluer vers des concentrations de toxicité.

2EME PISTE : CONNAITRE LES SOURCES POUR POUVOIR AGIR

Pour améliorer la qualité de l’air, il ne suffit pas de mesurer la toxicité des polluants. Il faut également savoir d’où ils viennent, et réaliser pour cela des études de sources. Ces méthodes sont développées depuis une dizaine d’années

(Grenoble, Fos-sur-Mer, Marseille, etc.). Elles permettent de déterminer la contribution des principales sources à la pollution de l’atmosphère par les particules. Différentes méthodes existent pour identifier et quantifier l’origine des aérosols. Elles doivent être simplifiées pour être utilisées de façon continue.

3E PISTE : COUPLER LES DEUX PRÉCÉDENTES

Finalement, tous les espoirs sont permis sur la base des études de potentiel oxydant et des méthodes de quantification des sources. Nous pouvons donc imaginer développer des études de sources couplées au potentiel oxydant, ce qui permettrait d’obtenir la contribution des différentes sources à la toxicité de l’atmosphère.

Concrètement, on obtiendrait une territorialisation de la toxicité et des possibilités d’action sur chacun de ces territoires. Nous sommes encore loin d’une exploitation quotidienne sur le terrain, mais nous connaissons la direction vers laquelle faire évoluer le dispositif actuel de surveillance de la qualité de l’air.

 

CONCLUSION

>> La réglementation fixe la liste des polluants surveillés et cette liste est très réduite. Elle a été élaborée pour surveiller la qualité de l’air là où se trouve la majeure partie de la population, c’est-à-dire les villes. Elle n’est pas adaptée à tous les territoires.

>> Pour exemple, dans un contexte industriel, les oxydes d’azote (NOx) ne sont pas un indicateur valable pour tracer le trafic routier, car certains sites industriels sont de gros émetteurs. La situation est identique pour le cas des particules. Partout en Europe, on les mesure en les pesant, ce qui privilégie les grosses particules et ne permet pas de connaître la teneur en particules ultrafines, car ces dernières n’ont pas de poids. Or, en contexte industriel, près de 80 % des particules se classent parmi les plus fines. On pourra avoir de très fortes concentrations en particules ultrafines (qui sont si petites qu’elles n’ont pas de masse), sans dépasser les valeurs réglementaires qui se fondent sur les particules les plus grosses.

>> C’est pourquoi, il faut adapter la surveillance à chaque territoire, en mesurant une toxicologie plutôt que des concentrations.