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23/05/15

Panorama des sujets au travail !

Depuis un an, l’équipe RESIRISK est au travail sur le sujet des PPRT et des activités économiques.
Mais derrière ce titre, quelles sont les thématiques concrètes traitées dans les groupes de travail ?
En voici une vue d’ensemble :

Amener les urbanistes territoriaux et les bureaux d’études à prendre en compte les risques industriels en amont dans les projets

C’est l’action menée sur Neuville/Genay (zone d’activités de 17 ha), sur le secteur des Guerlandes (44ha) à Bassens ou à Salaise-sur-Sanne avec l’aménagement des dents creuses.
Dans ce cadre, l’action de RESIRISK arrive parfois en plus de l’intervention de bureaux d’études qui ne sont pas experts dans le domaine de la prévention des risques majeurs.
La démarche permet alors d’instaurer un dialogue et de faire prendre conscience des enjeux. En outre, le but de RESIRISK est d’aller plus loin que la maîtrise de l’urbanisation en donnant des préconisations en matière d’information préventive et de gestion de crise. Dans ce cadre, les acteurs du SDIS et de la préfecture sont « mis dans la boucle » pour être à l’écoute de leurs contraintes pratiques. Enfin, la recherche de solutions innovantes, répondant aux enjeux de sécurité, tient une place importante à ce stade.

Mettre en place des mesures organisationnelles et sur le bâti

Ce sujet est au travail sur Saint-Genis Laval-Chaponost (69), sur Bassens et Salaise-Sanne.
Au total, le projet RESIRISK devrait permettre à près de 3000 salariés et entrepreneurs de prendre connaissance des consignes de sécurité (entreprise Lafon Technologies : 110 personnes, 2000 salariés sur la zone d’activité du Rhône, plusieurs dizaines d’entreprises et d’entrepreneurs sur Salaise-sur-Sanne). L’objectif est également de permettre aux entreprises concernées de savoir comment intégrer les consignes de sécurité, propres aux risques industriels, dans leur politique de sécurité (document unique, livret d’accueil, etc.).
Ce travail permet enfin aux entreprises Seveso seuil haut d’intégrer les entreprises voisines dans la chaîne d’alerte au travers de leur Plan d’Opération Interne (ce qui n’était pas forcément fait avant les PPRT !). Enfin, un travail sur le bâti est effectué pour identifier, au regard des risques en présence, les meilleurs moyens de se protéger au sein de l’entreprise avec la création d’espaces de mise à l’abri, d’organisation de l’espace, de travaux de réduction de la vulnérabilité (méthode pour hiérarchiser des travaux à effectuer).

 

Valoriser les initiatives des entreprises

Certaines entreprises ont déjà investi dans leur sécurité ! Plusieurs d’entre elles ont déjà mis en place des espaces de confinement ou sont en train de le faire. Leurs actions méritent d’être rendues visibles pour encourager d’autres à s’engager dans cette démarche. La logique est un peu la démonstration par l’exemple. Par le retour d’expérience, l’idée est d’identifier les freins et les leviers pour la réalisation d’actions concrètes (processus d’identification des risques, devis, intégration des mesures dans l’entreprise, dépôt de permis ou autorisation de travaux, contrôle, etc.). Ce sujet est au travail sur Bassens et dans le Rhône.


Faciliter l’accueil d’activité en zones de risque


Biensûr, l’idée n’est pas d’augmenter les enjeux ! Le PPRT fixe le cadre. Mais pour accueillir des activités, de nombreuses questions se posent : comment faire en sorte que les zones d’activités exposées ne soient pas moins attractives que d’autres ? Comment valoriser leurs spécificité ? Cette question est au travail sur Salaise et dans le Rhône. Des expériences sont recherchés dans d’autres pays européens. Le déplacement à Rotterdam a permis de connaître des démarches de marketing territorial spécifique aux zones de risque. L’appel des 30, dans la Vallée de la chimie au sud de Lyon est aussi un bel exemple dans ce domaine.

 

Favoriser le transfert de savoir-faire entre entreprises génératrices de risques et les entreprises exposées

 

Se rencontrer entre voisins et échanger sur les bonnes pratiques de la sécurité, tel est le leitmotiv de cette thématique au travail. La mixité « ville-industrie » est possible si un cadre d’échange est posé pour les acteurs concernés. Le projet RESIRISK offre cet espace en permettant aux entreprises Seveso et aux entreprises riveraines de mieux connaître leurs fonctionnements réciproques mais aussi les scénarios d’accidents, les consignes de sécurité, le système d’alerte, etc.
Ce sujet est au travail sur Ambès (33), Bassens(33), Salaise-sur-Sanne (avec le GIE OSIRIS), et dans le Rhône.

 

Permettre aux commerces de changer de destination

 

Un sujet complexe qui sera traité pendant l’été. Il s’agit de rentrer dans les cas concrets et d’identifier les modalités d’application des règlements de PPRT.

 

Savoir gérer le foncier économique exposé aux risques industriels

Que faire des terrains expropriés ou délaissé ? Comment éviter la déprise foncière de terrains exposés ?
Ces questions sont notamment abordées sur le site de Bassens et du Nord Pas de Calais (avec l’expérience de l’Etablissement Public Foncier du Nord Pas de Calais).

Un essai sur la résilience pour approfondir

L’ensemble de ces initiatives contribue à la réduction de la vulnérabilité des zones d’activités. En étant dans une posture constructive et non fataliste, les acteurs démontrent leur capacité à rebondir après plusieurs années d’une procédure PPRT longue et parfois décourageante pour les entreprises et les collectivités. Dans un essai sur la résilience, une quinzaine d’acteurs (élus, services de l’Etat, architectes, experts risques, etc.) auront la parole pour rendre compte de leur cheminement et des actions qu’ils ont mis en œuvre.


23/05/15

Entreprises et PPRT, des logiques inconciliables ?

C’est vraiment la question que s’est posé le groupe de travail réuni hier à Salaise-sur-Sanne pour évoquer l’accueil d’activités dans les « dents creuses »*. Les élus de la commune et les propriétaires de terrains situés en zone « bleu foncé » du PPRT ont fait le point. A ce jour, le règlement propose de limiter les usages pour ce type de surface à des activités d’artisanat, d’entrepôt ou d’industrie. Par ailleurs, un nouvel ERP de 5ème catégorie peut ouvrir ses portes si un autre ferme (règle nommé par le groupe « 1 pour 1 »).

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A partir de ces éléments, plusieurs pistes de travail sont fixées dans la recherche-action :
– approfondir le type d’activités pouvant être accueillies (également au regard des projets portés par les entrepreneurs actuels),
– réaliser plusieurs cas pratiques pour s’exercer à la pratique de l’instruction des dossiers par le service urbanisme,
– identifier les possibilités pour les entreprises de participer à des instances de concertation (Comité de Suivi de Site) afin d’être bien identifiées en tant que parties prenantes de la politique de prévention des risques,
– identifier d’autres possibilités que la règle « 1 pour 1 » pour se baser sur les effectifs réels des activités de la zone (des outils de comptage existent déjà) afin de limiter les enjeux.

 

Globalement, le constat est rude : des entreprises ont déjà fermé, des projets ne sont plus proposés par les entrepreneurs alors qu’ils ne manquent pas…

Il y a un enjeu « vital » à déterminer qui garantit l’application de la règle « 1 pour 1 ». Comment s’organiser pour savoir quand et comment des ERP se libèrent ?

Le groupe de travail se réunira le 8 juillet pour poursuivre les travaux et approfondir ces sujets.

Typiquement, le travail effectué à Salaise permettra de faire remonter les fonctionnements et dysfonctionnements liés au règlement établi.

 

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* Une dent creuse est une surface très limitée non construite, située au sein d’un espace urbanisé de taille bien supérieure. La faible densité se rapporte aux constructions comme aux populations.