A la recherche de leviers d’action

08/10/26

Le rapport AMARIS publié en 2025 a mis en évidence une réalité : les pollutions industrielles constituent un enjeu majeur de santé publique. Un an après la publication de cet état des lieux, qui soulignait les difficultés rencontrées par les collectivités et formulait plusieurs propositions, force est de constater que celles-ci n’ont pas donné lieu aux suites institutionnelles attendues. Afin de les remettre au cœur du débat public, AMARIS engage un cycle d’auditions pour confronter ses positions auprès des acteurs concernés et pour identifier avec eux des leviers d’action.

EN 2025, AMARIS A FORMULÉ 13 PROPOSITIONS. 

Entre 2022 et 2025, AMARIS a conduit un important travail d’écoute des retours d’expérience des collectivités territoriales et d’analyse des conséquences des pollutions industrielles sur leurs territoires, leurs populations et leurs capacités d’action.

Ce travail a mis en évidence les nombreuses difficultés rencontrées par les élus locaux pour prendre en compte les impacts des pollutions sur la santé et l’environnement et répondre aux interrogations des citoyens : déficit de connaissances et d’expertise mobilisables, manque de moyens financiers, limites du principe « pollueur-payeur », fortes inégalités territoriales. 

Si les collectivités disposent souvent de moyens limités pour agir, certaines parviennent néanmoins à développer des réponses et des démarches innovantes. Ces expériences constituent autant de ressources pour identifier ce qui fonctionne et pour faire évoluer le cadre d’action national. C’est sur la base de ces constats qu’AMARIS a formulé, en 2025, 13 recommandations pour réduire les conséquences des pollutions industrielles. 

Un an après la publication du rapport, face à l’absence de suites institutionnelles, AMARIS veut désormais porter ces recommandations dans le débat public et interpeller les décideurs.

2026-2027 : UN CYCLE D’AUDITIONS

Pour prolonger ce travail, AMARIS organise, au cours des prochains mois, un cycle d’auditions auprès d’une diversité d’acteurs : responsables politiques, représentants des ministères et agences de l’État, acteurs économiques et industriels, associations et représentants des territoires, etc.

Ces auditions seront pilotées par les administrateurs d’AMARIS. Elles permettront de confronter les propositions de l’association aux expertises et aux expériences des différents acteurs, mais aussi d’identifier les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.

L’objectif de ce cycle n’est pas de produire un nouveau rapport, mais de faire émerger des solutions concrètes et d’identifier les leviers permettant de passer à l’action.

LES SUJETS MIS EN DÉBAT

L’association propose d’articuler les échanges en partant des points suivants : 
> un constat : aujourd’hui, faute de connaissances suffisantes et directement mobilisables, il reste difficile d’identifier les pistes d’amélioration et de déterminer les actions les plus efficaces. 
> une question centrale : comment réduire les impacts sanitaires des pollutions industrielles ?
> trois axes : application du principe pollueur-payeur, réglementation et pilotage/gouvernance

Parmi les propositions formulées en 2025, trois priorités seront mises en débat.

1. La création d’un fonds « pollutions – santé – environnement »
AMARIS propose la création d’un fonds national dédié aux pollutions, à la santé et à l’environnement, destiné à financer les études, les dispositifs de surveillance ainsi que certaines actions curatives. L’objectif est de renforcer la capacité à agir face aux pollutions industrielles et de donner une traduction concrète au principe de responsabilité des pollueurs.

2. La mise en place d’une instance nationale sur les risques chroniques industriels
AMARIS propose également la création d’une instance nationale consacrée aux risques chroniques industriels, réunissant autour d’une même table l’État, les collectivités, les industriels, les chercheurs, les professionnels de santé, les associations et les habitants.
Cette instance aurait vocation à favoriser le dialogue entre les acteurs, à partager les connaissances et à mieux prendre en compte les réalités vécues dans les territoires industriels.

3. Le renforcement de la surveillance dans les territoires industriels
Enfin, AMARIS propose de renforcer la surveillance sanitaire et environnementale des territoires industriels, en l’adaptant aux réalités locales. Cette connaissance doit permettre aux collectivités et aux pouvoirs publics de mieux cibler leurs actions de prévention, de protection et de réduction des risques.